{"id":1578,"date":"2025-11-20T10:42:17","date_gmt":"2025-11-20T09:42:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ecoledejulie.fr\/blog\/?p=1578"},"modified":"2025-11-20T10:48:16","modified_gmt":"2025-11-20T09:48:16","slug":"elle-dort-proches-78-ans-son-logement-est-squatte-depuis-18-mois-famille-precaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ecoledejulie.fr\/blog\/elle-dort-proches-78-ans-son-logement-est-squatte-depuis-18-mois-famille-precaire\/","title":{"rendered":"Elle dort chez des proches \u00e0 78 ans, son logement est squatt\u00e9 depuis 18 mois par une famille \u00ab\u00a0pr\u00e9caire\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Dans la m&eacute;tropole lig&eacute;rienne, <strong>une propri&eacute;taire septuag&eacute;naire<\/strong> se retrouve confront&eacute;e &agrave; une situation administrative kafka&iuml;enne depuis <em>plus d&rsquo;un an et demi<\/em>. Son bien immobilier, un appartement de type 5 dont elle avait fait son compl&eacute;ment de revenus, demeure occup&eacute; ill&eacute;galement malgr&eacute; ses multiples d&eacute;marches. Cette affaire soul&egrave;ve des interrogations sur l&rsquo;&eacute;quilibre entre <strong>protection des occupants vuln&eacute;rables<\/strong> et <strong>respect du droit de propri&eacute;t&eacute;<\/strong>, particuli&egrave;rement lorsque les propri&eacute;taires eux-m&ecirc;mes se trouvent en situation financi&egrave;re pr&eacute;caire.<\/p>\n<h2>Une d&eacute;couverte fortuite qui bouleverse un &eacute;quilibre fragile<\/h2>\n<p>La retrait&eacute;e percevait initialement <strong>un revenu compl&eacute;mentaire<\/strong> gr&acirc;ce &agrave; la location de ce logement h&eacute;rit&eacute; de son p&egrave;re en 1998. Avec une pension mensuelle limit&eacute;e &agrave; 1000 euros, ces loyers constituaient une ressource indispensable pour maintenir son niveau de vie. Suite &agrave; des complications m&eacute;dicales, elle avait temporairement suspendu la mise en location de ce bien patrimonial.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en octobre 2023 qu&rsquo;elle apprend par son syndic de copropri&eacute;t&eacute; qu&rsquo;une fuite d&rsquo;eau a &eacute;t&eacute; d&eacute;tect&eacute;e dans son appartement. La surprise est totale puisque <em>le logement devait &ecirc;tre inoccup&eacute;<\/em> et que l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;immeuble est normalement s&eacute;curis&eacute; par un dispositif de contr&ocirc;le d&rsquo;entr&eacute;e. Cette r&eacute;v&eacute;lation inattendue marque le d&eacute;but d&rsquo;un parcours judiciaire et administratif particuli&egrave;rement &eacute;prouvant pour cette dame &acirc;g&eacute;e et sa famille.<\/p>\n<p>La fille de la propri&eacute;taire, qui g&egrave;re &agrave; distance les d&eacute;marches administratives de sa m&egrave;re, a imm&eacute;diatement fait &eacute;tablir <strong>un constat par huissier<\/strong> pour documenter juridiquement la situation. Au printemps 2024, elle saisit la pr&eacute;fecture de Loire-Atlantique afin d&rsquo;obtenir l&rsquo;&eacute;viction des occupants sans titre l&eacute;gal. N&eacute;anmoins, la suite des &eacute;v&eacute;nements prendra une tournure inattendue.<\/p>\n<h2>Un cadre juridique complexe entre droits contradictoires<\/h2>\n<p>Le 19 novembre 2024, le <strong>tribunal administratif<\/strong> a rendu une d&eacute;cision suspendant l&rsquo;arr&ecirc;t&eacute; pr&eacute;fectoral demandant le d&eacute;part des ressortissants guin&eacute;ens. Cette suspension repose sur la <em>vuln&eacute;rabilit&eacute; particuli&egrave;re des occupants<\/em>, notamment la pr&eacute;sence de deux jeunes enfants &acirc;g&eacute;s de un et deux ans. Les magistrats ont consid&eacute;r&eacute; que l&rsquo;application imm&eacute;diate de l&rsquo;expulsion priverait cette famille de tout abri.<\/p>\n<p>Le jugement pr&eacute;cise que les int&eacute;ress&eacute;s affirment ne disposer d&rsquo;aucune solution d&rsquo;h&eacute;bergement malgr&eacute; leurs appels au num&eacute;ro d&rsquo;urgence sociale 115. Cette situation aggraverait donc la pr&eacute;carit&eacute; des familles concern&eacute;es. La d&eacute;cision illustre la difficult&eacute; pour les juridictions de concilier <strong>plusieurs imp&eacute;ratifs sociaux<\/strong> et juridiques contradictoires dans un contexte de crise du logement.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<th>Partie concern&eacute;e<\/th>\n<th>Situation financi&egrave;re<\/th>\n<th>Impact du litige<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Propri&eacute;taire (78 ans)<\/td>\n<td>Retraite de 1000 &euro;\/mois<\/td>\n<td>Perte de 1000 &euro; mensuels + charges + taxe fonci&egrave;re impay&eacute;e<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Occupants guin&eacute;ens<\/td>\n<td>Situation pr&eacute;caire<\/td>\n<td>Absence de solution d&rsquo;h&eacute;bergement alternative<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Collectivit&eacute;<\/td>\n<td>Budget social contraint<\/td>\n<td>Recherche de solutions d&rsquo;h&eacute;bergement d&rsquo;urgence<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Cette d&eacute;cision administrative constitue un revers pour la propri&eacute;taire qui esp&eacute;rait voir la loi Kasbarian faciliter les proc&eacute;dures d&rsquo;expulsion dans ce type de situations. D&eacute;sormais, <strong>la seule voie possible<\/strong> consiste &agrave; engager une proc&eacute;dure devant le tribunal judiciaire, entra&icirc;nant des frais d&rsquo;avocat suppl&eacute;mentaires pour une personne aux ressources d&eacute;j&agrave; limit&eacute;es.<\/p>\n<h2>Des cons&eacute;quences financi&egrave;res lourdes pour une retrait&eacute;e modeste<\/h2>\n<p>Au-del&agrave; de la perte du loyer mensuel estim&eacute; &agrave; 1000 euros, la propri&eacute;taire doit continuer &agrave; assumer <strong>l&rsquo;ensemble des charges<\/strong> li&eacute;es &agrave; son bien. Cela inclut les frais de copropri&eacute;t&eacute; mais &eacute;galement la consommation d&rsquo;eau g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par les occupants ill&eacute;gaux. La facture de taxe fonci&egrave;re, qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 1800 euros depuis 2024, n&rsquo;a pas pu &ecirc;tre acquitt&eacute;e faute de moyens suffisants.<\/p>\n<p>Cette accumulation de d&eacute;penses contraint sa fille &agrave; lui apporter <em>une aide financi&egrave;re r&eacute;guli&egrave;re<\/em> pour &eacute;viter que la situation ne se d&eacute;grade davantage. Les pr&eacute;occupations familiales incluent &eacute;galement les risques li&eacute;s &agrave; la s&eacute;curit&eacute; du logement, notamment la crainte d&rsquo;un d&eacute;part de feu, m&ecirc;me si des informations informelles indiqueraient que le bien ne serait pas dans un &eacute;tat d&rsquo;insalubrit&eacute;.<\/p>\n<p>Le cadre l&eacute;gal rappelle pourtant que l&rsquo;occupation sans droit d&rsquo;un logement constitue une infraction passible d&rsquo;une peine d&#8217;emprisonnement d&rsquo;un an et d&rsquo;une amende de 15000 euros. Par contre, l&rsquo;application concr&egrave;te de ces dispositions se heurte aux consid&eacute;rations humanitaires li&eacute;es &agrave; la protection des personnes vuln&eacute;rables, particuli&egrave;rement des mineurs.<\/p>\n<h2>Les acteurs locaux face &agrave; leurs responsabilit&eacute;s<\/h2>\n<p>Le conseiller municipal nantais d&rsquo;opposition Foulques Chombart de Lauwe a interpell&eacute; la municipalit&eacute; en mai dernier pour trouver <strong>une issue satisfaisante<\/strong> aux deux parties. Il souligne notamment que l&rsquo;association Gasprom-ASTI, qui accompagne les occupants, b&eacute;n&eacute;ficie de subventions municipales, cr&eacute;ant selon lui une forme de contradiction dans la posture des autorit&eacute;s locales.<\/p>\n<p>L&rsquo;adjointe au maire en charge des solidarit&eacute;s, Abbassia Hakem, reconna&icirc;t la n&eacute;cessit&eacute; de prendre en compte simultan&eacute;ment les deux situations. Elle annonce vouloir contacter la famille de la propri&eacute;taire tout en rappelant que <em>la comp&eacute;tence rel&egrave;ve principalement de l&rsquo;&Eacute;tat et de la justice<\/em>. Concernant le financement de l&rsquo;association, elle pr&eacute;cise que sa mission premi&egrave;re consiste &agrave; accompagner les personnes dans l&rsquo;acc&egrave;s aux droits, non &agrave; cautionner des pratiques ill&eacute;gales.<\/p>\n<p>Les autorit&eacute;s pr&eacute;fectorales examinent actuellement plusieurs pistes :<\/p>\n<ul>\n<li>La possibilit&eacute; de prendre une nouvelle mesure administrative dans l&rsquo;attente du jugement d&eacute;finitif<\/li>\n<li>La recherche active d&rsquo;une solution d&rsquo;h&eacute;bergement pour les occupants guin&eacute;ens<\/li>\n<li>La coordination avec les services sociaux pour s&eacute;curiser un relogement adapt&eacute;<\/li>\n<li>L&rsquo;objectif final de lib&eacute;rer le logement pour restituer la jouissance &agrave; la propri&eacute;taire l&eacute;gitime<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette affaire illustre les tensions croissantes autour de <strong>la question du logement<\/strong> dans les m&eacute;tropoles fran&ccedil;aises, o&ugrave; la p&eacute;nurie d&rsquo;h&eacute;bergements d&rsquo;urgence complexifie la r&eacute;solution de situations conflictuelles impliquant des propri&eacute;taires modestes et des familles d&eacute;munies.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la m&eacute;tropole lig&eacute;rienne, une propri&eacute;taire septuag&eacute;naire se retrouve confront&eacute;e &agrave; une situation administrative kafka&iuml;enne depuis plus d&rsquo;un an et demi. 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